RDC : L’actuelle épidémie d’Ebola devient la deuxième plus dangereuse au monde

L’actuelle épidémie d’Ebola, qui sévit dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri où elle a déjà fait 245 morts parmi les 426 cas, est devenue la deuxième plus grande épidémie d’Ebola au monde, a fait remarquer, ce vendredi 30 novembre, le ministre de la Santé, Oly Ilunga.

« L’épidémie au Nord-Kivu est devenue la deuxième plus grande épidémie d’Ebola au monde, après celle de l’Afrique de l’Ouest », a déclaré Oly Ilunga dans un message diffusé samedi par son cabinet.

L’épidémie la plus meurtrière à ce jour s’est déclarée en Afrique de l’Ouest, en décembre 2013, et a duré plus de deux ans faisant plus de 11.300 morts sur 29.000 cas recensés.

Deuxième plus grande épidémie, l’actuelle épidémie est pourtant la « première épidémie de l’histoire dans laquelle autant de traitements préventifs et curatifs sont disponibles pour protéger la population contre Ebola. Ces traitements nous ont permis d’éviter d’avoir déjà des milliers de cas et de morts », a ajouté le ministre.

Cette épidémie qui sévît dans une zone confrontée à des confits armés dépasse également celle qui a frappé pour la première fois l’Ouganda en septembre 2000. En cinq mois, 425 personnes contractent le virus qui fait 224 morts.

« Cela démontre qu’Ebola est avant tout une maladie avec une dimension sociale. Au delà de la réponse médicale, c’est à la communauté de décider de mettre fin à la propagation de ce fléau en s’engageant et en respectant les mesures de prévention », note l’autorité sanitaire de la RDC.

Déclarée depuis le 1er août 2018, l’actuelle épidémie reste dangereuse et imprévisible, selon les autorités, 87 cas suspects en cours d’investigation. Une vaste campagne de lutte contre le paludisme a été lancée à Beni, épicentre de l’épidémie d’Ebola.

Pendant quatre jours, cette campagne vise à « distribuer gratuitement des moustiquaires imprégnées d’insecticide » et des médicaments contre le paludisme, l’une des premières causes de mortalité au monde.

Jusqu’à 50% de personnes qui arrivent au centre de traitement d’Ebola (CTE), et qui sont « considérées comme étant des cas suspects, souffrent en réalité du paludisme, dont les premiers symptômes sont similaires à ceux de la maladie à virus Ebola », d’après l’auditoire sanitaire.

Transmis par des moustiques infectés, le paludisme (malaria) cause plus de 435.000 personnes chaque année, majoritairement en Afrique, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Aux côtés du Nigeria, de Madagascar et de l’Ouganda, la RDC figure parmi les pays les plus touchés.

Christine Tshibuyi

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